Mon oncle est un chat (1981)

Note du chat: merci mille et une fois à Barbara, de nous avoir envoyé un exemplaire du livre publié et les planches originales.

Ce texte "dit  pour les enfants", richement illustré par Barbara Druschky, est une belle histoire d'amour entre un chat et une petite fille.

Note du chat: le livre aurait mérité un plus grand lancement, mais il aurait fallu s'engager plus sérieusement et Yves hésitait. Cette aventure représentait une grosse somme à investir.

Il s'agit, après Plum Parade en 1973, du second livre pour enfant publié par Yves Navarre, qui avait en projet un troisième texte dont les illustrations sont également de Barbara Druschky. Celui-ci existe comme l'une des lettres de L'Espérance de beaux Voyages. Les planches de Barbara, elles attendent toujours dans un carton un éditeur enthousiaste. Voir à ce propos la lettre n° 178, dite de L'Oiseau bleu.

Reproduction de l'édition originale en format pdf de Mon Oncle est un chat.

(attention ce fichier est rempli de mega octets: pour mieux apprécier les illustrations, des extraits seront reproduits dans En Images)

Voir ce que dit Tiffauges dans Une vie de chat à propos de cette collaboration (chapitres 8 et suivants).

extrait du chapitre 8 de Une vie de chat.

Nous restâmes dans la maison du Sud environ deux mois, fin février et tout le mois de mars. Citronnelle ne vint que peu, jalouse qu'elle était de la présence d'une autre femme et Barbara me prit avec elle, chaque nuit, dans son lit, dans la soupente, sous les draps. Je dormais contre son ventre. Tôt le matin, pour le besoin, je la quittais endormie et il me fallait sauter du rebord la loggia sur le lit d'Abel et le réveiller en sursaut. J’appris vite à ne pas tomber sur lui, ou sur ses pieds, faire le plus leste des doubles-bonds afin d'être libre de vaquer à mes occupations de gourmandise et de toilette, le sentiment amoureux, périlleux, rend particulièrement coquet. J'avais peur qu'Abel nous interdise la soupente. Toute la chaleur de la maison se donnait rendez-vous là, au sommet, et le lit de Barbara était à l'abri des regards indiscrets. Abel écrivait un roman, en principe le roman que les mystérieux invités du déjeuner attendaient de lui et Barbara dessinait. Pour Abel, un chapitre par jour, vingt-sept jours et chaque matin, au petit déjeuner, la lecture du chapitre de la veille. Barbara lui disait « continue » ou bien rien. Tous deux se regardaient et c'était clairement exprimé. Tendres silences échangés : ce ne serait encore une fois pas le roman attendu. Barbara fit de moi plusieurs portraits. J'appris ainsi à me voir, noir et blanc, en couleurs, comme dans la vie, et Abel lui fournit la trame d'un roman dit « pour enfants ». Barbara l'illustrerait. Un oncle célibataire, un mounon, Abel, racontait à une de ses nièces qu'il était un chat. Sa nièce le voyait chat, jouant de la guitare, prenant l’avion, l'entraînant dans un musée où tout était chat, fresques, sculptures, tableaux, l'emmenant au cinéma pour voir un film qu'il disait « d'horreur » et qui avait pour titre Les 101 Dalmatiens. Une histoire. Pour des images. Et, illustration, s'il se regardait dans l'eau d'un bassin devant un château, le chat majestueux, moi, avait pour reflet le visage de l'oncle, Abel. Ainsi tous deux travaillaient et moi je posais. Sans broncher. J'aurais tant voulu pouvoir jouer avec les crayons de couleurs de Barbara. J'étais au centre de l'histoire. Ce furent les plus beaux jours de ma vie.

extrait du chapitre 11

Chacun est l'exilé de l'autre, ainsi va l'histoire de deux. De trois. De tant. Abel vint me reprendre. Barbara lui rendit les illustrations, « il vaut mieux que tu les gardes, un jour peut-être, on ne sait jamais » . Puis « je vais partir. Pour le Maroc, d'abord. Avec des copains. J'en ai besoin. Plus tard je reviendrai à Berlin. On ne se reverra pas avant mon départ. Je préfère ». Un dernier poutou et hop dans le sac. C'était un jour de printemps. il faisait frais, dans le métro. Au fond du sac, pour mon confort, Barbara avait placé un chemisier à elle. Son parfum. Il n'y eut pas de buée à la lucarne. Je vis tout. Trajet, deux correspondances, dont une à Barbès-Rochechouart, et le métro aérien.

 

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